Atalian emploie plus de 10 000 personnes dans sa branche nettoyage en France. Le secteur de la propreté salarie surtout des femmes, souvent immigrées, la plupart du temps en temps partiel subi, sur des horaires décalés, très tôt le matin ou le soir.
Meriam* y était salariée depuis plus de douze ans, sans jamais obtenir d’augmentation de son nombre d’heures. Ses années de travail ont brisé sa santé : la Sécurité sociale lui reconnaît deux maladies professionnelles et la déclare inapte en juillet 2025. À partir de là, Atalian cesse de la payer, mais ne lui notifie pas son licenciement et ne lui remet ni documents de fin de contrat ni indemnités : sans salaire, et sans possibilité de demander le chômage. L’entreprise ne répond ni à ses mails ni à ses courriers.
Après des mois de relances, elle pousse la porte de la permanence de l’Union locale et saisit le conseil de prud’hommes, accompagnée par un défenseur syndical de l’UL. Atalian ne se manifeste qu’une fois l’assignation reçue, et propose un règlement à l’amiable très en deçà de ce qui était demandé. Meriam refuse : elle veut que la justice se prononce. Deux jours avant l’audience, l’entreprise transmet enfin la lettre de licenciement réclamée depuis des mois : le signe qu’elle ne comprend que le rapport de force.
Le 6 mai 2026, le tribunal a tranché : huit mois de salaires dus jusqu’à la notification effective du licenciement, plus 1 000 € au titre de l’article 700. Les indemnités de licenciement ont suivi. Ne restez pas isolé·es : poussez la porte de votre union locale.
* Le prénom a été changé.
Paru dans BLIS n° 2, rentrée 2026 Lire le numéro en PDF